EDMOND HAMILTON - LA VILLE SOUS GLOBE / CITY AT WORLD'S END (1950)

EDMOND HAMILTON - LA VILLE SOUS GLOBE / CITY AT WORLD'S END (1950)


Quatrième du couverture
Lors des premiers instants d'un conflit nucléaire généralisé, une bombe supratomique explose au-dessus de la petite cité de Middletown. Mais au lieu de réduire la ville en cendres, la déflagration l'efface de la surface du globe pour Ia transporter ailleurs ou plutôt en d'autres temps. Ses habitants doivent en effet se rendre à l'évidence : Middletown est devenue une oasis du XXe siècle sur une Terre mourante et désolée, à des millions d'années dans le futur. Très vite, ils découvrent, au-delà des montagnes, une étrange cité abandonnée, construite sous un dôme et remplie de merveilles technologiques susceptibles d'assurer leur survie dans ce contexte extraordinaire. Jusqu'au jour, où, ils reçoivent une communication venue de l'espace...
Brassant avec brio les thèmes majeurs de la science-fiction de l'âge d'or dans un contexte marqué par la peur de l'atome, La Ville sous globe est sans doute, par sa profonde humanité le roman le plus subtil d'Hamilton, comparable au magnifique La Cité et les Astres d'Arthur C. Clarke.
 

In one split second, they were hurled across time into a world a million years away…
En une fraction de seconde, ils ont été projetés à travers le temps dans un monde à un million d’années d’ici…

Edmond Hamilton (1904-1977) est considéré, avec E.E. « Doc » Smith, comme le père du space opera. Il imagine à la fin, des années trente le Captain Future, dont les aventures spatiales seront adaptées en manga sous le titre Capitaine Flam. Hamilton est également l'auteur de deux cycles essentiels du genre, Les Rois des étoiles et Les loups des étoiles.
La ville sous globe a d'abord été publié aux USA dans la revue Startling Stories en juillet 1950 avant de paraître en livre en 1951.
L'écrivain aborde ici les thèmes du monde post-apocalyptique et du voyage dans le temps.
Une histoire qui met en avant différents aspects de la psychologie humaine : d'abord la réaction de la population quasi passive au début du récit puisque son quotidien n'est en rien bouleversé. La ville de Middletown comptant 50 000 âmes, elle est parfaitement autonome avec ses commerces, ses industries, ses résidences etc. Une fois avertie et consciente des évènements, survient l'inquiétude liée au confort perdu plus qu'à la peur de l'inconnu. Il est intéressant de voir que, dans des situations les plus extrêmes de danger, des personnes sont prêtes à mourir pour rester chez elles, dans leur habitat. La peur de la perte et de l'abandon est plus grande que tout.
La rencontre avec différentes espèces, leur descendance humaine ou des extraterrestres venus de différentes planètes, les laissent perplexes mais sans plus. Sans doute y a-t-il un peu de naïveté dans la tournure que prend le roman dès lors que les enjeux sont plus grands. On peut regretter qu'Hamilton n'approfondisse pas plus certains passages, certaines attitudes ou réflexions. Néanmoins, il traduit bien la psychologie des habitants de Middletown devant s'exiler dans cette ville sous globe désertée depuis longtemps mais salvatrice pour eux grâce à la technologie futuriste dont elle est pourvue. Quant à leur confrontation avec les hommes de demain qui se jugent bien plus évolués et donc en mesure de régenter toutes espèces reconnues comme primitives, c'est une intéressante mise en avant des craintes d'abord, de l'échange des connaissances ensuite puis de la lutte pour garder son identité, ses racines en évitant l'assimilation systématique.
Enfin, avec l'énergie atomique qu'Hamilton évoque dans son récit, se pose la question du rôle de la science. Catastrophique en temps de guerre, elle amène l'énergie indispensable à la survie de l'humanité. Toute invention n'est néfaste qui si on le veut bien.
Ainsi donc La ville sous globe nous entraîne dans une aventure humaine fortement marquée par la psychologie et les enjeux scientifiques. Des réflexions universelles et intemporelles qui donnent à ce roman sa force, même si la naïveté de certains propos font aujourd'hui sourire.
 

ADAPTATION : PROJET AVORTÉ

Il y a quelques années le dessinateur et scénariste de comics John Byrne, envisagea une adaptation de ce roman, durant son temps libre. Malheureusement, il n'y parvint pas et le projet reste encore aujourd'hui suspendu.

Source @Comic Art Fan-Jeff Sharpe/comicartfans.com

Source @Comic Art Fan-Jeff Sharpe/comicartfans.com


Association d'idée
Kasuo Umezu pourrait s'être inspiré de ce roman pour son excellent manga L'école emportée (Glénat) dont l'amorce de l'histoire est quasi similaire : une explosion dévastatrice dans une école projette cette dernière dans un monde hostile et désertique, une Terre "future" dont les descendants sont guère attrayants.
 


👉 Retrouvez aussi la chronique de Koyolite Tseila sur le blog de notre partenaire :
"Nous voici donc au cœur de la petite ville de Middletown, juste après l'explosion d'une bombe atomique. Kenniston était en train de descendre Mill Street en direction de l'usine, quand soudain le ciel s'est fendu en deux. [...]" Lire la suite

 


Edmond Hamilton
La ville sous globe (City at world's end, 1951)
♦ Rayon Fantastique (1952) ; Le masque SF (1975) ; Terre de brume (2005)

 


Crédits images et textes ©2009-2020 Herveline Vinchon - Article publié sur l'ancien blog de la librairie Soleil Vert en mars 2009 et mis à jour en octobre 2020 - Ne pas reproduire sans autorisation

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Koyolite Tseila 03/10/2020 10:38

Joli article. Intéressant la comparaison avec "La Cité des Astres". J'ignorais pour le projet de Comics. Cela ne m'étonne pas tellement qu'il ait été avorté, c'est difficile de mettre ce beau roman qu'est "La Ville sous Globe" en images, je trouve.
J'ai découvert Edmond Hamilton sur le tard et je suis devenue absolument fan de ses écrits. "La Ville sous Globe" est un roman qui se lit facilement et qui est divertissant. Je recommande chaleureusement cette lecture.

Erwelyn 06/10/2020 13:44

Merci pour ton retour. Je n'ai lu que celui-ci d'Hamilton, bien que j'en ai qqns dans ma bibliothèque. Mais il me tente bcp. Juste un manque de temps.