👽 ROBERT HEINLEIN - DOUBLE ÉTOILE / DOUBLE STAR (1956)

👽 ROBERT HEINLEIN - DOUBLE ÉTOILE / DOUBLE STAR (1956)


L'histoire
John Bonforte dirige le Parti Expansionniste et est en passe de devenir l'homme fort du Système solaire. Malheureusement, on le kidnappe à quelques jours d'une importante cérémonie sur Mars. Il faut impérativement trouver une solution pour qu'il y assiste ou les Martiens prendront son absence comme prétexte pour déclencher un conflit majeur avec les humains. La solution se nomme Lorenzo Smythe, un acteur au talent hors du commun. Il doublera Bonforte pendant quelques jours, le temps qu'on le retrouve. Mais, bien malgré lui, le Grand Lorenzo va devoir tenir le rôle plus longtemps que prévu et prendre des décisions dont dépendra le sort de l'humanité.
 

Double étoile c'est d'abord une histoire d'acteur. Celle de Lorenzo embarqué dans des démêlés politiques qui le dépassent, obligé de jouer le rôle d'un double absent afin de donner le change à ceux qui voudrait le voir disparaître et dont le contrat est sans cesse renouvelé. C'est un homme qui en vaut deux. Dualité pour le premier entre le candide comédien et l'homme qui prend conscience de son environnement et de sa position ; travail d'apparence et de mimétisme pour le second, l'ersatz d'un dirigeant politique aux idées trop expansionnistes : gestes, démarche, intonations, formulations, tout y est.
Ensuite, ce sont les tableaux d'une société martienne qu'Heinlein développe avec précision. Ainsi, aborde-t-il l'apparence des martiens dans les détails, la phonétique de leur langage, leurs coutumes, leur croyance. Saviez-vous par exemple que les habitants de Mars se reproduisent par scissiparité ? Que la convenance, dont le saint-patron est Kkkahgral le Cadet, est LA ligne de conduite à suivre ? Qu'ils vivent dans des nids et qu'ils n'affectionnent pas la lumière ? Comme toujours Robert Heinlein distille de sa plume son talent, son humanisme, son humour aussi, au travers d'une aventure enrichissante et imaginative.


Illustrations

Couvertures allemandes (Cliquez pour agrandir)Couvertures allemandes (Cliquez pour agrandir)Couvertures allemandes (Cliquez pour agrandir)

Couvertures allemandes (Cliquez pour agrandir)

Couvertures espagnole, portugaise et italienne (Cliquez pour agrandir)Couvertures espagnole, portugaise et italienne (Cliquez pour agrandir)Couvertures espagnole, portugaise et italienne (Cliquez pour agrandir)

Couvertures espagnole, portugaise et italienne (Cliquez pour agrandir)

Couvertures USA (1 et 2) et néerlandaiseCouvertures USA (1 et 2) et néerlandaiseCouvertures USA (1 et 2) et néerlandaise

Couvertures USA (1 et 2) et néerlandaise

À propos de la sélection de couvertures ci-dessus :
Côté allemand, la seconde couverture pourrait être de Chris Foss mais n'est pas très emblématique du contenu. La troisième est drôle car elle représente l'acteur Charlton Heston, alors qu'il n'existe aucune adaptation en film de ce roman. Il faut croire que l'illustrateur venait de voir un film avec lui. Au moins la notion de double est-elle bien reprise. Les couvertures portugaise et italienne sont intéressantes car elles préfèrent mettre avant l'homme politique sur scène. Les éditions américaines sont dans la ligne rétro de l'époque.

Descriptions martiennes

(*Les textes en italique sont extraits de l’œuvre)


Atmosphère : irrespirable par les humains, il est nécessaire de porter un masque à oxygène. Il existe un modèle Mitsubushi "Douce Brise" qui laissait la bouche libre et envoyait l'air sous pression directement dans les narines. Il se composait d'une pince-nez, de deux embouts nasaux et de deux tubes qui contournaient les oreilles comme des branches de lunettes avant d'aboutir au réservoir-détendeur accroché sur la nuque. Seul un être en parfaite condition physique pourrait respirer sans masque et parcourir deux cents mètres.
Canaux : Le Grand Canal longe le tarmac de la zone aérospatiale.
Climat : journées chaudes
Communication : La langue martienne est un langage aux consonnes roulées ou oscillantes, difficile à prononcer par un Terrien. La transcription semi-phonétique de ces sons n'en donne qu'une idée lointaine. Par exemple les "kkk", les "jjj" ou les "rrr" n'ont pas grand-chose à voir avec les sons qu'ils sont censés représenter. [...] Ainsi le "jjj" martien ressemble davantage au "ch" de "oh chéri" tel qu'il est prononcé dans le Bronx qu'à une série de "j". [...] On sait que le "martien de base", qui est la langue du commerce, se caractérise par une syntaxe "positionnelle" et ne comporte que des idées simples comme dans le salut "Je vous vois", par exemple. Le "haut martien", en revanche, est polysynthétique et fortement stylisé, riche en expressions qui correspondent à chacune des innombrables nuances de leur système si complexe de dettes et obligations, de punitions et récompenses.
Faune : Vers, scorpions, crevettes élevées dans le Grand Canal.
Martiens : Ils ressemblent à des troncs d'arbres plein d'écailles, surmontés d'un casque colonial et possèdent des pseudopodes leur donnant, entre autre, la capacité de regarder dans tous les sens sans jamais tourner la tête. Ils n'affectionnent d'ailleurs pas la forte lumière. Ils se déplacent en glissant, exsudent une forte odeur, nauséabonde pour le nez humain, et vivent dans des Nids qui portent le noms de leurs saints patrons ou de leurs ancêtres. Ils se reproduisent par scissiparité (ou fission binaire : mode de multiplication asexué qui se réalise simplement par division de l'organisme..). Les deux êtres qui en découlent s'appellent des "Frères-Conjugués". Il existe une période de post-scissiparité qui dure 5 ans et pendant laquelle les "enfants" martiens ne possèdent que la moitié du poids et de la taille des adultes et ne sont rien d'autre que des abrutis sans mémoire.
Mythologie : La légende de Kkkahgral le Cadet, saint patron de la « convenance » martienne : le jeune Kkkkah devait apparaître publiquement, il y a des milliers d'années, dans un lieu précis afin de recevoir un honneur digne d'un chevalier. Indépendamment de sa volonté, il ne put se rendre en ce lieu. Il devait donc, selon les traditions martiennes, être exécuté. Mais sa jeunesse et ses exploits auraient pu le sauver. Kkkahgral ne voulut rien entendre et représenta l'accusation à son propre procès qu'il gagna. Il se fit donc exécuté.
Organisation : Mars a fait alliance avec l'Empire. Les martiens jouissent, sur Terre, des mêmes droits que les terriens. Pour eux, les notions de « vrai » et de « faux » n'existent pas. Ils s'attachent bien plus au convenable et au non-convenable. La convenance martienne est une ligne de conduite qui découle de la légende de Kkkahgral le Cadet. De même, ils peuvent adopter des Terriens parmi eux si ces derniers, en acceptant cet honneur, se plient à toutes ces règles de convenance, la mort étant la seule excuse qu'on puisse admettre en cas d'obligation non remplie. En cas contraire, ils sont maudit à jamais sur Mars. Le déroulé de la cérémonie d'Adoption est tenue extrêmement secrète et le futur adopté doit jurer de toujours respecter la Maternité, la Maison, la vertu Civique et de ne jamais rater l'école dominicale. Au terme des festivités, le nouveau « Martien » reçoit un nouveau nom et une baguette de vie et de mort. Sur Mars, sont aussi déportés certains bagnards.
Paysages : Dunes de sable
Satellites : Phobos
Technologie : Baguette de mort
Villes : des dômes. Lacus Soli ; Goddard-Ville (en hommage à Robert Goddard, ingénieur et physicien américain - 1882-1945) : moins de cent mille habitants qui vivent sous des dômes. Le dôme originel, appelé Vieille Ville est le quartier des bagnards évadés, putains, joueurs professionnels. Zone aérospatiale. Entrepôts. Municipalité dévouée au Parti de l'Humanité ; Le Nid de Kkkah : une cité de conte de fées. Le Nid intérieur d'une ville, lié à une famille particulière, ne peut être visité librement comme le reste de la cité. Même leurs époux-conjugués ne bénéficient pas d'un tel privilège.
Voyage : Il fallait au début 37 semaines en propulsion le long d'un orbite elliptique. Désormais c'est une croisière luxe, avec un petit deux g pendant une cinquantaine d'heures, et une manœuvre de retournement à un g, une plaisanterie. On utilise des vaisseaux-torches atomiques pour atteindre Mars.
 


Robert Heinlein
Double étoile (Double Star, 1956)
♦ Folio SF

 

(Côte martienne ♥♥♥) (Côte plaisir ♥♥♥)


Crédits images & textes ©2007-2020 Herveline Vinchon - Article publié sur l'ancien blog Culture Martienne en juillet 2007 et mis à jour en octobre 2020 - Ne pas reproduire sans autorisation

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Koyolite Tseila 06/10/2020 09:42

Un bel article, merci. Je ne suis pas fan des écrits de Robert Heinlein (il me saoule avec la politique transplantée dans l'espace), mais je prends bonne note pour cet ouvrage que je n'ai pas lu.

Erwelyn 06/10/2020 13:43

AHAHAHA, au moins c'est clair ☺. Je n'ai pas lu grand chose me limitant aux textes martiens. Il faut absolument que je me lance dans "Stranger" (En terre étrangère). Pour l'instant, je sais juste que j'apprécie. ;)