H.G. WELLS - LES FRÈRES ROUGE ET BLANC (THE BROTHERS, 1938)

H.G. WELLS - LES FRÈRES ROUGE ET BLANC  (THE BROTHERS, 1938)


L'histoire
Deux nations s'opposent chacune menée par son propre dictateur, l'un à priori l'est un peu moins que l'autre. Un jour, ils se rencontrent et s'aperçoivent qu'ils sont jumeaux. Franco-Bolaris et Caballero-Ratzel décident donc d'échanger leurs points du vue sur ce qui les oppose, mais pour « rouge » que soit l'un et « anti-rouge » l'autre, ils finissent par admettre que leurs motivations ne sont pas si différentes.
 

Je ne connaissais pas ce livre de H.G. Wells, déniché dans une brocante.
Si on ne sait pas (ce qui était mon cas au moment de ma lecture) que Wells s'inspirait de la Guerre d'Espagne (1936-1939), on pourrait, en raison de son intemporalité, classer son roman dans le thème SF très fourni qu'est la dystopie.
En tout cas, ce récit pamphlétaire se réfère plus aux convictions politiques d'H.G. Wells qu'à ses implications scientifiques et il y développe de très fortes réflexion sur les notions de fascisme et de communisme.
Les amateurs de théâtre trouveront certaines similitudes avec la comédie de Plaute, Les Ménechmes qui inspira elle-même la pièce de Shakespeare La Comédie des erreurs (The Comedy of Errors), toutes deux des histoires de jumeaux. Toutefois, si Wells s'en est inspiré, il la transpose sur le plan tragique.
Si pour ma part, j'ai apprécié ce conte, peut-être était-ce parce que je l'ai abordé de façon plus philosophique que politique, n'ayant pas à ce moment-là l'élément clé qui était la Guerre d'Espagne.
Mais je dois constater, même si cela n'influencera désormais qu'une future relecture, que les critiques françaises, ne furent pas très élogieuses (je n'ai pas trouvé de critiques anglaises).

En voici deux exemples :

Critique publiée dans la revue « Gringoire » du 23 août 1938 (Source : Gallica)

Critique publiée dans la revue « Gringoire » du 23 août 1938 (Source : Gallica)


« Comme toute réalité, la guerre d'Espagne aura inspiré des œuvres transposées avant de produire des documents réalistes. Le petit roman gentil que vient d'écrire H.G. Wells, gentil malgré les prétentions métaphysiques de l'auteur ostensiblement étalées dans un ennuyeux dialogue et le coup de buccin final à la Raison et au Progrès, ne retient qu'un vague filigrane des événements actuels. Un chef rouge, un chef blanc, une ville assiégée et qui résiste. Le chef blanc fait prisonnier le chef rouge, et ils découvrent qu'ils sont frères. (Non, vous allez trop vite : frères d'abord par la chair, et même jumeaux). Puis, qu'au fond ils poursuivent le même but. C'est une femme, à vrai dire, qui les en persuade. Ici la pensée de Wells, assez courte dans les hautes atmosphères, plus à l'aise dans le roman d'aventure, s'épuise à monnayer son intuition à travers des intrigues compliquées. Mais comme il gardait de son idée quelque ivresse métaphysique, il se trouble, s'affole, et tue ses deux héros. Cela doit vouloir dire que les hommes sont provisoirement stupides, mais attendez l'Homme Futur ! - Que dis-je ? H.G. Wells le clame à pleine bouche ! »
 

Critique publiée dans le revue Esprit par son fondateur Emmanuel Mounier (date incertaine : 1938 ou 1939) (Source : Gallica)
 


H.G. Wells Les frères rouge et blanc (The brothers, 1938)
♦ Ed Pierre Tisne

 


Crédits images & textes ©2012-2020 Herveline Vinchon - Article publié sur l'ancien blog de la librairie Soleil Vert en février 2012 et mis à jour en novembre 2020 - Ne pas reproduire sans autorisation

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