OTFRID VON HANSTEIN - JUSQU'À LA LUNE EN FUSÉE AÉRIENNE (MOND-RAK I, EINE FAHRT INS WELTALL, 1928)

OTFRID VON HANSTEIN - JUSQU'À LA LUNE EN FUSÉE AÉRIENNE (MOND-RAK I, EINE FAHRT INS WELTALL, 1928)


Résumé du début
Financé par le Roi du Pétrole, Joe Allister, Waldemar Apel construit une fusée qui devrait l'amener avec son pilote le Dr Egbert Helmouth jusqu'à la stratosphère et retomber sur Terre. Mais la veille du lancement, trois reporters trop curieux déclenchent l'allumage. L'un deux arrive à s'enfuir, alors que les deux autres se retrouvent projetés vers l'espace en compagnie d'Helmouth, arrivé in extremis avant le malencontreux décollage. Alors que l'île artificielle qui portait la fusée est complètement détruite, les survivants pensent que l'engin sidéral a été tout aussi désintégré. Alors qu'en fait, il a non seulement atteint la stratosphère mais se dirige aussi inexorablement vers la Lune.
 

Illustrations de Maurice Toussaint (Cliquez pour agrandir)Illustrations de Maurice Toussaint (Cliquez pour agrandir)
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Ce roman paru en 1928 en Allemagne, est un petit bijou. On imagine bien à 12 ans tomber sur un bouquin pareil et vouloir ensuite absolument devenir astronaute. 40 ans plus tard, 'Apollo XI' se posera réellement sur la Lune et encore 40 ans plus tard, nous nous apprêtons à nous réapproprier notre satellite pour en faire une base transitoire pour les futures missions martiennes.
L'imaginaire d'Hanstein est très riche, bien que clairement influencé par Jules Verne ou H.G. Wells, ce dernier qu'il mentionne d'ailleurs, alors qu'un des protagonistes fait le rêve étrange de nains sélénites. Il évoque d'abord une île artificielle, Nova Atlantis, puis une fusée qui pourrait, en retombant dans l'océan, se métamorphoser en sous-marin pour rejoindre la côte ; des combinaisons à l'aspect de scaphandres protègent les "pseudos" astronautes du froid extérieur - à la fin du roman, il sera même installé une sorte de récepteur dans le casque pour pouvoir parler entre eux ; une sortie dans le cosmos assez réaliste joue avec les nerfs du lecteur et même durant le périple lunaire qui consiste à rechercher de l'oxygène et de l'hydrogène pour faire redécoller la fusée, l'angoisse du manque d'oxygène, la survie, les accidents, les égarements géographiques et psychologiques nous tiennent en haleine.

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Une seule chose semble ne jamais vraiment s'épuiser, ce sont les vivres. À croire, que malgré un vol prévu seulement pour deux personnes et consistant en un simple aller-retour, le risque de perdition des aliments avait été plus qu'anticipé. Nos astronautes se préservent de sauter un repas et celui-ci est toujours bien arrosé. On sourit aussi des commentaires présomptueux et condescendants d'Helmouth vis à vis de ces compagnons de fortune. Ces derniers sont sans cesse assimilés à des gosses sans cervelle, sans jugement et surtout sans esprit pratique. Bref, l'aide ne pouvant arriver d'eux, c'est de l'extérieur, de la Terre, qu'il faudra espérer quelques miracles. Et bien sûr, nos héros se sortiront toujours in extremis de toutes les situations les plus dangereuses qu'il soit donné à quelqu'un de vivre. C'est par l'amour que porte la fille du milliardaire Allister à Helmouth qu'arrivera le salut grâce à un sauvetage spatial géré de main de maître par elle et le savant Waldemar Apel.

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Ce récit n'a été traduit (adapté) en France qu'en 1948 par Tancrède Vallerey et finement illustré par Maurice Toussaint. S'il est construit comme un roman d'aventures, bourré de rebondissements, d'humour, d'amour et autres ingrédients de la littérature populaire de l'époque, on y trouve aussi beaucoup de renseignements scientifiques. Il y a une volonté de vulgarisation qui rend la lecture à la fois passionnante et pédagogique.


Otfrid von Hanstein Jusqu'à la Lune en fusée aérienne (Mond-Rak I, eine Fahrt ins Weltall, 1928)
♦ Nathan (1948)

 


Crédits images & textes ©2009-2020 Herveline Vinchon - Article publié sur l'ancien blog de la librairie Soleil Vert en juillet 2009 et mis à jour en novembre 2020 - Ne pas reproduire sans autorisation

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André Philippe 20/11/2020 07:05

Chronique aux petits oignons sélénites qui parfait la sensation, plutôt, de se retrouver dans de la proto-science-fiction lunaire. À lire ce texte, qui donne envie de se projeter dans sa lecture, on n'a vraiment le besoin naissant d'évaluer les points littéraires l'approchant de l'oeuvre d'H.G Wells, de Jules Verne ou de Lucien de Samosate.
Le seul regret est qu'il n'y ait aucun lien pour se diriger vers l'exploration de cet ouvrage. Peut-être à cause du "sadisme" de son auteur qui comme à l'accoutumé pousse son lectorat à produire quelques efforts. Ce qui veut dire que je dois contacter mon libraire ^^. A.P

Erwelyn 22/11/2020 06:44

Cruella, je suis. Sur ce nouveau blog, qui n'a plus aucunes contraintes et buts commerciaux, je ne fais que très rarement des liens commerciaux sauf pour les éditeurs confidentiels. De plus, pour les mêmes raisons, je ne m'interdis plus de chroniquer des vieux trucs introuvables, au moins pour mémoire de ces auteurs oubliés ou en voie d'extinction. Par conséquent, je prône la chine dans les vides-greniers, chez les bouquinistes, libraires d'occase, ces derniers peuvent d'ailleurs avoir des sites et n'oublions surtout pas bibliothèque ! C'est vrai que je laisse chacun faire sa petite recherche qui est signe finalement d'intérêt. Quant aux gros sites internet, j'utilise depuis des années Priceminister (devenu Rakuten) quand je ne trouve nulle part ailleurs et comme tu le sais, je #BoycottAmazon même s'ils ont ce que je cherche. Mais ça, c'est une autre histoire ☺
En tout cas merci pour ton retour ♥