WILLIAM GAY - LA DEMEURE ÉTERNELLE / THE LONG HOME (1999)

WILLIAM GAY - LA DEMEURE ÉTERNELLE / THE LONG HOME (1999)


Quatrième de couverture
Le Tennessee des années 40 est une terre rurale pauvre et reculée, où les clameurs du monde n'ont d'autre écho que les témoignages de soldats revenus de la guerre en Europe. À Mormon Springs, Dallas Hardin, le Mal incarné, accumule les atrocités en toute impunité, ayant depuis belle lurette mis la Justice dans sa poche. La vie humaine n'a aucune valeur à ses yeux. Dix ans plus tôt, un cultivateur voisin, Winer, a refusé de laisser Hardin dissimuler dans son champ un alambic clandestin. Il l'a payé cash. Depuis, sa femme et son fils ignorent ce qu'il est devenu. C'est cet adversaire que Nathan, 17 ans, provoque aujourd'hui en toute candeur pour les beaux yeux de la belle Amber. Hardin a-t-il enfin trouvé son maître ?
 

Le décor de ce roman est planté dès les premières pages. C’est le sud des États-Unis dans toute sa rudesse. La loi du far-west n’est pas loin d’être encore en vigueur. Les gens, entre pauvreté et traumatismes de la guerre en Europe s’en sortent à coup de « débrouille », arrachant à la terre ce qu’ils peuvent pour survivre, ou à coup de petits trafics. On parle peu, mais on s’observe. C’est souvent la loi du plus fort qui s’applique.
C’est dans ce contexte que Dallas Hardin, un sale type intégral, comme un parasite, s’est imposé dans une famille, reléguant le mari atteint d’une maladie incurable dans sa chambre, et occupant le lit conjugal avec l’épouse. Il a construit sa fortune sur la violence, les menaces, le trafic d’alcool, la corruption, le clientélisme, et personne ne lui résiste, pas même la police, corrompue avec lui.
La demeure éternelle est un magnifique roman noir. Loin de tomber dans le piège de la lutte manichéenne entre le bien et le mal, William Gay a su parfaitement donner la subtilité qu’il convenait à son intrigue, et peindre ses personnages avec une précision diabolique. On retrouve dans cette fresque tout ce qui compose la société de l’époque. Des personnages désespérés, broyés par le système (déjà), et d’autres qui ont su profiter à fond de la situation sans états d’âme. Ce sud en état de décomposition rappelle l’atmosphère aride des premières pages des Raisins de la colère de Steinbeck.
William Gay a réussi d’emblée son entrée dans la littérature noire avec ce premier roman. Le drame est que cet auteur est décédé récemment, ne laissant que trois ouvrages aux amateurs du genre.


William Gay La demeure éternelle (The long home, 1999)
🏆 Grand Prix de la littérature policière
♦ Points Roman Noir

 


Crédits images, textes ©2012-2020 Dominique Guégan & Herveline Vinchon - Article publié sur l'ancien blog de la librairie Soleil Vert en septembre 2015 et mis à jour en novembre 2012 - Ne pas reproduire sans autorisation

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